Clust'art

This WordPress.com site is the bee's knees

Les imprimantes 3D, le futur?

A la naissance de l’imprimante 2D, sur papier donc, il y avait ceux qui y voyaient le futur, des foyers tous dotés de leur propre imprimante, et il y avait ceux pour qui jamais le grand public ne serait séduit par ce type de machine. Si on peut aujourd’hui affirmer que les premiers avaient raison, force est de constater que nous imprimons de moins en moins. Le même débat semble se répéter aujourd’hui autour des imprimantes 3D. Auparavant réservées aux industriels et aux laboratoires, notamment en raison de leur coût, les imprimantes 3D touchent un public de plus en plus large puisqu’apparaissent sur le marché des machines « à bas prix ». Aux Etats-Unis, le gouvernement a récemment investi 45 millions de dollars dans un centre de recherche, cette somme s’ajoutant à d’autres investissements venant notamment d’universités. Rien d’étonnant à cela, certains rêvent en effet d’une impression 3D qui permettrait de faire baisser les coûts, et donc de rendre la fabrication de certains produits sur le sol national plus compétitive qu’à l’étranger. Pour d’autres, ce ne sont là que des fantasmes et jamais l’impression 3D ne séduira plus que le buzz qu’elle suscite actuellement.

Comment ça marche?

Au départ, le procédé nécessite une modélisation en 3D sur ordinateur de l’objet à imprimer. Une fois le fichier 3D envoyé vers l’imprimante (au moyen d’une simple connection USB, comme nos imprimantes 2D), l’imprimante « découpe » l’objet en tranches. Ensuite, elle dépose ou solidifie la matière, couche par couche, jusqu’à reconstituer l’objet. Voici une petite vidéo qui permettra de mieux visualiser le fonctionnement ainsi que le processus en amont. Pour le moment, les matières utilisées sont de la résine, de la cire, du plastique, du métal…Et voici donc la première limite citées par les détracteurs de l’impression 3D : cette méthode ne sera jamais capable de prendre en charge des matériaux dits « nobles » comme le bois ou le cuir. L’Imagine 3D Printer repousse cependant les limites des matières puisqu’elle fonctionne à l’aide de seringues, que l’on peut donc remplir avec n’importe quelle matière qui soit au départ plus ou moins liquide, y compris de la nourriture. La preuve en vidéo!

Pourquoi cet affolement?

Autrefois réservée aux industriels, parfois présente en Fab Lab, l’impression 3D n’est pas nouvelle, c’est son utilisation potentielle par le grand public qui l’est. Cette utilisation plus large est surtout permise par une machine récemment arrivée sur le marché, la Solidoodle, vendue à 400€, capable d’imprimer des objets d’une dimension maximale de 15 cm. Pour plus de détails techniques sur cette machine, cette article de Numerama en fait le tour.

L’impression 3D, boostée par les nouvelles possibilités de ces machines (plastique, mousse, métal, et même des couleurs), devient alors le lieu de toutes sortes d’expérimentations, de tests, et de rêves! Dans son livre blanc « Ce sera formidable, s’ils ne foutent pas tout en l’air », Michael Weinberg y voit en effet la prochaine technologie de rupture, celle qui va remettre en cause les procédés classiques de fabrication et surtout, l’économie. Ce livre blanc et sa traduction en français sont à lire sur Framablog.

Petit panorama des possibilités…

En mode, plusieurs créateurs se sont essayés à l’impression 3D. Le projet Continuum Fashion de Mary Huang et Jenna Fizel se targuent ainsi « d’utiliser des technologies numériques pour créer des produits au design distinctif. » (Voir l’article qui leur est consacré sur Les Numériques). Elles créent ainsi des modèles de chaussures et des bikinis fabriqués grâce à des imprimantes 3D. Ces créations sont disponibles à la vente, que ce soit pour un modèle déjà existant ou à composer soit-même. Du sur-mesure ultime certes, mais comptez tout de même 900 euros la paire environ.

Autre style, mais toujours en impression 3D, les création de la designer de footwear Janina Alleyne.

Dans d’autres domaines, on soulève la possibilité, grâce à des machines à la portée de plus d’acheteurs potentiels, d’un prototypage plus facile, plus rapide, sans avoir recours à de la sous-traitance. En anthropologie, en biologie, en design ou en architecture, il serait donc possible de fabriquer des maquettes, des prothèses bien plus facilement et surtout, de le faire soi-même. Toujours au niveau médical et en architecture, certains imaginent la possibilité, grâce à un assemblage qui se fait de manière différente, d’obtenir de nouveaux matériaux plus solides et plus écologiques en architecture, ou des prothèses biologiques en médecine.

…et des difficultés

La première interrogation qui se soulève est celle de la propriété intellectuelle. Modéliser un objet en 3D n’est pas à la portée de tous, c’est certain. Reste que si une personne modélise un objet qu’elle n’a pas conçu, pour ensuite le reproduire via une impression 3D, il y a effectivement un problème. Des procès ont d’ailleurs déjà eu lieu dont un mettant en cause le site Thingiverse, une plateforme de distribution de modèles 3D créés par la communauté évoluant autour de ce site. Un artiste y avait reconnu le plan d’une de ses créations, plan qui a été rapidement retiré.

Mais si presque tout peut être (en théorie) fabriqué grâce à un imprimante 3D, cela signifie que des objets dangereux peuvent être imprimés…et c’est le cas.L’impression 3D risque par exemple de poser de gros problèmes aux fabricants de menottes. Il faut savoir que pour un modèle de menotte, il existe une seule « configuration » de clé.  Une paire de menotte, fermé par un policier A dans un commissariat A, doit pouvoir être ouverte facilement par le policier B à la prison située dans une ville B. Si quelqu’un parvient donc à se procurer une seule clé, à la modéliser et l’imprimer ensuite en 3D, il sera capable d’ouvrir absolument toutes les menottes du même modèle. Autre cas, rapporté par Le journal du geek, un membre du forum AR15 a réussi à modéliser des pièces d’une arme à feu, pour ensuite les assembler. Si la résistance n’y est pas forcément, il a pu tirer 200 balles avant que l’arme ne fonctionne plus.

Enfin, au-delà de ces différents problèmes, il se pourrait que l’impression 3D connaisse un destin semblable à la réalité virtuelle. Faire le buzz, laisser imaginer mille possibilités d’applications…et pour que finalement le soufflé retombe. Dans un article relaté par Futura Science, Christophe Mim y voit pour sa part une évolution absurde. Il parle de « déni complet de complexité de la matière » et de méconnaissance du travail moderne ». Pour lui, l’impression 3D ne prendra pas le pas sur les procédés de fabrication habituels, car des matériaux naturels continueront à être privilégiés, que ce soit pour des raisons écologiques, économique ou liées aux propriétés du matériau. Il craint également une standardisation des formats, certains étant encouragés par leur rapidité de fabrication. Ce fut le cas pour l’impression 2D qui a massivement privilégié le format A4. Les designers soulignent quant à eux que les pièces fabriquées seraient parfois trop petites et/ou pas assez détaillées pour servir dans les bureaux de design. Mais des écoles seraient quant à elles intéressées par un machine comme la Solidoodle, nettement moins chère.

Pour aller plus loin, voici un dossier complet sur l’impression 3D par Futura Science.

Idéal du sur-mesure ultime, où chacun pourra devenir créateur et fabriquer ce dont il a envie, l’impression 3D véhicule pour le moment bon nombre d’idées digne de la science-fiction. Sera-t-elle, comme certains le prédisent, la prochaine technologie de la rupture? A suivre!

Envie de plus de news tendances? Suivez-nous sur https://www.facebook.com/Clustart

Les photographies sont la propriété des articles cités.

 

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

Information

Cette entrée a été publiée le septembre 4, 2012 par dans Techniques, et est taguée , .
%d blogueurs aiment cette page :